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J'ai découvert un crâne d'Homo erectus. © AFP Le Musée national du Kenya, à Nairobi, le 19 août 2005.AIROBI (AFP) - jeudi 09 août 2007 - 16h34 - Un scientifique kenyan a revendiqué jeudi la découverte d'un fossile important pour la compréhension des débuts de l'évolution humaine, estimant que ses compatriotes se font trop souvent voler la vedette dans leur travail.
AFP/Archives Lilian Omariba Lors d'un point de presse au siège du Musée national du Kenya (NMK), à Nairobi, Fredrick Manthi Kyalo a présenté sa trouvaille: un crâne d'Homo erectus, vieux de 1,55 million d'années.
"J'ai découvert ce fossile le jour de mon anniversaire, le 5 août 2000 (…), c'était un cadeau d'anniversaire", a raconté Manthi Kyalo, entouré des responsables du musée.
"On m'a attribué peu de mérite pour ça (…). Ca fait longtemps que les Kenyans se voient attribuer très peu de crédit" pour leurs découvertes, a-t-il critiqué. "Nous sommes ici pour que cela change (…), c'est un combat que nous entamons" avec le NMK.
La découverte, révélée le même jour par la revue Nature, est principalement associée à Louise et Meave Leakey, qui appartiennent à une célèbre famille de paléontologues installée au Kenya. Elles dirigeaient la mission en 2000 mais ne sont pas les auteurs des découvertes, ont précisé les autorités du musée.
Manthi Kyalo a également présenté des restes d'Homo habilis de 1,44 million d'années, découverts par l'un de ses collègues.
Ces deux fossiles prouvent qu'Homo habilis, le plus ancien représentant connu de la lignée humaine considéré jusqu'ici comme ancêtre d'Homo erectus, a en fait longuement cohabité avec ce dernier en Afrique orientale, pendant peut-être un demi-million d'années.
Ce n'est pas la première fois qu'un problème de paternité de fossile important est soulevé. La mise au jour et la description scientifique des ossements ont lieu dans le cadre d'un travail collectif, mais au terme duquel les "chefs" sont parfois accusés de tirer un peu trop la couverture vers eux.
Dernier exemple en date, la découverte en 2001, au Tchad, du "doyen" de l'humanité, le Sahelanthropus (ou Toumaï), habituellement attribuée à Michel Brunet, de l'université de Poitiers. Or, le professeur se trouvait en France au moment des faits: le premier à mettre la main sur le crâne fut un Tchadien, Ahounta Djimdoumalbaye, lors d'une mission dirigée par un géographe français, Alain Beauvilain, de l'université de Nanterre, dans la banlieue de Paris.
Quant à l'australopithèque Lucy, sa découverte en 1974, en Ethiopie, est attribuée dans les publications françaises au Français Yves Coppens, tandis que les ouvrages américains parlent de Donald Johanson. Les deux scientifiques co-dirigèrent bien la mission, mais le premier à apercevoir le fossile fut un étudiant américain resté quasi inconnu, Tom Gray. |